mercredi 1 octobre 2014

Cargo pour l'enfer

Cargo pour l'enfer est un roman de Bernard Clavel paru en 1993 aux éditions Albin Michel, puis en collection de poche aux éditions J'ai lu (ISBN 2-290-03878-4) et Pocket en 2002.

      

Présentation générale
Ce roman, qui part d'une histoire vraie, est un plaidoyer en faveur du respect de la mer, de sa faune et de sa flore, un cri d'alarme aussi de la part d'un homme qui n'a cessé de dénoncer ce genre de pratique et de nous mettre en garde contre les atteintes à l'environnement.

                

Chacun des cinq chapitres est introduit par une citation.
  • Caraïbe : « En certains lieux, à de certaines heures, regarder la mer est un poison. C'est comme, quelquefois, regarder une femme. » (Victor Hugo)
  • Les côtes d'Afrique : « Ce que les hommes appellent civilisation, c'est l'état actuel des mœurs et ce qu'ils appellent barbarie, ce sont les états antérieurs. es mœurs présentes, on les appellera barbares quand elles seront des mœurs du passé. » (Anatole France )
  • Méditerranée : « Un monde gagné pour la technique est perdu pou la liberté. » (Georges Bernanos)
  • Grand large : « Au Jugement dernier on ne pèsera que les larmes. » (Cioran)
  • Connemara : Et s'il existe une autre vie de châtiments et de félicités, il lui sera beaucoup pardonné parce qu'il a beaucoup aimé la mer. (Jean Reverzy)
Image illustrative de l'article Cargo pour l'enfer   Bateau américain USS Amphion   Bateau-cargo, 1919

Résumé et contenu
Ce cargo, le Gabbiano, qui vogue sur toutes les mers du monde semble bien inoffensif. Des Caraïbes aux côtes africaines, de la Méditerranée au Connemara, il sillonne les mers du globe avec sa cargaison. Pourtant, qui sait ce qu'il transporte réellement ? Que sont les produits enfouis au fond de ses soutes ? Même les membres de l'équipage ne semblent pas trop savoir ce qu'ils transportent. En épigraphe, on trouve cette citation de Gaston Bachelard :
« La barque de Caron va toujours aux enfers. Il n'y a pas de nautonier du bonheur. »

Pollution par marée noire en 2004  Exemple de marée noire

Mais un jour un des tonneaux éclate et une odeur suspecte se répand dans le navire, incommode l'équipage dont beaucoup de membre finissent par tomber malade. Quel est donc ce mal qui monte de la cale et qui les ronge ? Il est bien tard maintenant car plus personne ne veut entendre parler de ce bateau qui 'sent le soufre' : ni l'armateur qui a senti le vent tourner, s'est débarrassé du cargo et s'est évaporé dans la nature, ni les pays qui lui ont fermé leurs ports. Navire à la dérive, livré à lui-même et condamné à errer sans but à travers les océans.

L'opinion publique, les médias s'en mêlent et l'équipage du capitaine Bernier est condamné à errer sur l'océan en attendant qu'un port veuille bien les accueillir pour les débarrasser de la cargaison maudite. Les fûts éventrés qui reposent dans la cale dégagent leurs mortelles vapeurs, et les marins deviennent peu à peu des pestiférés à l'agonie.
L'équipage devra se battre pour faire reconnaître ses droits ou simplement pour continuer à exister.

Genèse du roman
A l'époque du naufrage du Torrey Cañon au printemps 1967, Bernard Clavel était allé se rendre compte sur place, très marqué par ce qu'il découvre alors : « C'était la première fois que je voyais des oiseaux englués en grand nombre dans la nappe de fuel. Cela avait été pour moi quelque chose d'absolument bouleversant. J'ai pleuré à ce moment-là. » Puis la colère est venue, « cette colère m'habite depuis longtemps, devant la stupidité de l'homme, devant sa passivité face à certaines choses et son agressivité face à d'autres. »

 En 1988, pendant plusieurs semaines, un cargo syrien, le Zanoobia avait erré de port en port, cherchant à débarquer des déchets dont personne ne voulait. Des marins furent intoxiqués par la cargaison qui avait posé à l'Europe le problème crucial du stockage et de l'élimination des produits dangereux pour l'environnement et la santé humaine.
Bernard Clavel, en colère contre cette situation intolérable et l'impuissance de la communauté internationale, a repris cette trame d'un drame social et a imaginé, sur un cargo qu'il appelle le Gabbiano, un équipage aux prises avec la même situation, ne sachant comment gérer cette cargaison empoisonnée et rejeté de partout, ne trouvant personne pour lui venir en aide.
« Ce qui m'intéressait le plus », précise-t-il, « c'était le drame humain, le drame de ces types qui se savent menacés. »
Il dit aussi que, pour écrire son roman, il s'est beaucoup documenté, allant jusqu' à naviguer sur un cargo, interrogeant l'équipage, prenant aussi les conseils de spécialistes pour connaître les effets des produits chimiques sur les organismes humains. 

     <<< Christian Broussas - Cargo - Feyzin, 10/12/2009 - << © • cjb • © >>>

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